Après un sinistre électrique, qu’il s’agisse d’un dégât des eaux qui a noyé votre tableau électrique ou d’un coup de foudre qui a grillé votre installation, la question se pose rapidement : faut-il appeler un électricien agréé assurance pour que les travaux soient pris en charge ? La réponse est oui, mais la notion d’agrément mérite d’être bien comprise.
Il n’existe pas, en France, un label unique officiel baptisé « agrément assurance ». Ce que les compagnies d’assurance reconnaissent, c’est un ensemble de critères précis que tout professionnel sérieux doit réunir. Cet article vous explique comment identifier le bon électricien, quels documents exiger et comment éviter un refus d’indemnisation.
Électricien agréé assurance | guide après sinistre
Temps de lecture : ~9 min
- Résumé en bref
- Qu’est-ce qu’un électricien agréé par l’assurance et comment le reconnaître ?
- Quels documents demander à un électricien pour que l’assurance rembourse les travaux ?
- Mon assurance peut-elle refuser de me rembourser si l’électricien n’est pas agréé ?
- Comment trouver un électricien reconnu par votre assurance après un dégât des eaux ou un coup de foudre ?
- Un électricien auto-entrepreneur peut-il être reconnu par votre assurance ?
- Choisir le bon électricien après un sinistre : l’essentiel à retenir
- FAQ
Résumé en bref
Ce qu’est un électricien agréé assurance : il n’existe pas d’agrément unique, mais un ensemble de critères cumulatifs que les assureurs vérifient.

Les documents indispensables à demander : attestation décennale, RC Pro, facture détaillée et numéro SIRET sont les pièces clés de votre dossier de sinistre.
Le risque de refus d’indemnisation : faire appel à un électricien non assuré peut entraîner un refus total de prise en charge par votre assureur.
Comment trouver le bon professionnel : les qualifications Qualifelec et RGE sont des repères fiables pour identifier un électricien reconnu par les assurances.
La question de l’auto-entrepreneur : un électricien auto-entrepreneur peut tout à fait être reconnu par votre assurance, à condition qu’il soit correctement assuré.
Qu’est-ce qu’un électricien agréé par l’assurance et comment le reconnaître ?
Les principaux critères vérifiés par les assurances
Lorsque votre assureur parle d’un électricien agréé assurance, il désigne en réalité un professionnel qui cumule trois dimensions essentielles. La première est administrative : l’électricien doit justifier d’une qualification reconnue, que ce soit un diplôme de niveau CAP ou BEP, un brevet professionnel, un titre inscrit au RNCP ou bien trois ans d’expérience professionnelle prouvée, conformément aux conditions d’accès au métier encadrées par le portail officiel entreprendre.service-public.fr. La deuxième dimension est assurantielle : le professionnel doit être couvert par une garantie décennale et une responsabilité civile professionnelle en cours de validité. La troisième dimension est qualitative : des certifications comme Qualifelec ou le label RGE renforcent la crédibilité du dossier aux yeux des assureurs.
La qualification Qualifelec, délivrée après analyse du dossier de l’entreprise (assurances, bilans, diplômes, références chantiers), est la référence pour les électriciens du bâtiment. Elle existe en plusieurs niveaux, du E1 au E4 selon la nature des travaux. Un électricien titulaire de la mention E2 ou E3 bénéficie en outre d’une réduction de prime d’assurance de 10 à 20 % par rapport à un confrère non qualifié, ce qui illustre l’importance que les assureurs accordent à cette certification. Le label RGE, quant à lui, est indispensable si les travaux concernent des installations éligibles aux aides publiques, comme les infrastructures de recharge pour véhicules électriques (IRVE) ou les systèmes photovoltaïques. Pour en savoir plus sur la qualification spécifique aux bornes de recharge, consultez notre page dédiée à la qualification IRVE pour électricien.
Bon à savoir
La qualification Qualifelec n’est pas obligatoire pour être remboursé par votre assurance habitation après un sinistre classique. En revanche, elle constitue une preuve solide du sérieux du professionnel et facilite l’instruction de votre dossier par l’expert mandaté par l’assureur.
Quels documents demander à un électricien pour que l’assurance rembourse les travaux ?
Les pièces à réunir pour votre dossier
Constituer un dossier de sinistre solide est une étape décisive. Sans les bonnes pièces, votre assureur peut refuser tout ou partie de l’indemnisation, même si les travaux ont été correctement réalisés. Voici les documents à systématiquement exiger avant de signer un devis ou de régler une facture.
Les pièces indispensables à rassembler sont les suivantes : l’attestation d’assurance décennale en cours de validité, l’attestation de responsabilité civile professionnelle (RC Pro), une facture détaillée mentionnant le numéro SIRET de l’entreprise, la nature précise des travaux réalisés et la date de fin de chantier, ainsi qu’un justificatif de qualification professionnelle si l’assureur en fait la demande.
| Type d’assurance | Ce qu’elle couvre | Durée de couverture | Obligatoire ? |
|---|---|---|---|
| Garantie décennale | Dommages compromettant la solidité de l’ouvrage ou le rendant impropre à sa destination (ex. installation électrique permanente défaillante) | 10 ans après la réception des travaux | Oui, depuis la loi Spinetta (loi n°78-12 du 4 janvier 1978) |
| Responsabilité civile professionnelle (RC Pro) | Dommages matériels, corporels ou immatériels causés aux tiers avant et après livraison, hors champ décennal | Pendant toute la durée d’activité | Oui, pour exercer légalement en France |
La garantie décennale est le pilier central. Depuis la loi Spinetta, tout électricien réalisant des travaux intégrés de façon permanente au bâtiment — qu’il s’agisse d’une installation neuve, d’une modification ou d’une remise en état après sinistre — est tenu de souscrire cette assurance avant le début du chantier. La RC Pro, elle, protège contre les dommages survenant pendant les travaux, par exemple un court-circuit accidentel qui endommage les biens d’un voisin.
Mon assurance peut-elle refuser de me rembourser si l’électricien n’est pas agréé ?
Dans quels cas l’assureur peut refuser
Oui, et c’est un risque réel. Si vous faites appel à un électricien sans assurance décennale pour des travaux sur votre installation électrique permanente, votre assureur peut invoquer une exclusion de garantie et refuser l’indemnisation du sinistre. En cas de litige, l’expertise assurance mandatée par la compagnie vérifiera systématiquement si le professionnel était en règle. Un artisan sans numéro SIRET valide, sans attestation d’assurance ou sans immatriculation à la Chambre des Métiers et de l’Artisanat expose le propriétaire à supporter seul les coûts de remise en état.

Par ailleurs, même si l’électricien était assuré, certaines situations peuvent réduire votre indemnisation : la franchise assurance, le plafond de garantie du contrat ou encore des dommages immatériels non couverts par défaut. Il est donc conseillé de relire attentivement votre contrat multirisque habitation avant de lancer les travaux. Si votre tableau électrique a sauté après un sinistre, agissez méthodiquement avant toute intervention.
Important
Si votre assureur vous impose de recourir à un prestataire de son réseau, vous n’êtes pas obligé d’accepter. Vous pouvez choisir librement votre électricien, à condition qu’il réunisse les critères de qualification et d’assurance requis pour la prise en charge des travaux.
Comment trouver un électricien reconnu par votre assurance après un dégât des eaux ou un coup de foudre ?
Après un sinistre, le temps presse, mais se précipiter sur le premier électricien venu peut coûter cher. Voici une méthode concrète pour identifier rapidement un électricien qualifié pour remboursement assurance.
La première démarche consiste à consulter les annuaires officiels. Le site de Qualifelec dispose d’un moteur de recherche permettant de trouver les entreprises qualifiées par département. Le site de l’Agence Qualité Construction propose également un annuaire d’artisans BTP certifiés. Ces outils permettent de vérifier en quelques clics si l’entreprise est à jour de ses qualifications et, par extension, de ses assurances.
La deuxième démarche est de contacter directement votre assureur. Certaines compagnies disposent de réseaux de prestataires agréés qu’elles peuvent recommander. Même si vous n’êtes pas contraint de les choisir, ces listes constituent un point de départ utile, notamment en cas d’urgence.
Enfin, lors du premier contact avec l’électricien, demandez immédiatement ses attestations d’assurance. Un professionnel sérieux les transmet sans hésiter. Si l’électricien tarde à fournir ces documents ou les refuse, c’est un signal d’alerte clair. Pour des travaux sur l’installation électrique après un coup de foudre ou un dégât des eaux, le respect de la norme NF C 15-100 est également un critère de qualité à vérifier, notamment pour la mise en conformité du tableau électrique.
Un électricien auto-entrepreneur peut-il être reconnu par votre assurance ?
Oui, absolument. Le statut juridique de l’électricien — qu’il soit auto-entrepreneur, SARL ou SASU — n’a pas d’incidence sur la reconnaissance par votre assurance. Ce qui compte, c’est que le professionnel soit correctement assuré. Un électricien auto-entrepreneur réalisant des travaux d’installation, de modification ou de réparation d’une installation électrique dans un bâtiment est soumis aux mêmes obligations de garantie décennale qu’une grande entreprise. Le coût de cette couverture pour un auto-entrepreneur tourne autour de 800 euros par an pour un chiffre d’affaires de 50 000 euros, selon les données disponibles sur le marché.

En revanche, méfiez-vous des artisans qui proposent des tarifs anormalement bas en échange d’un paiement en espèces sans facture. L’absence de facture détaillée rend toute demande de remboursement auprès de votre assurance impossible, et l’absence d’assurance décennale vous expose à des recours sans issue en cas de malfaçon. Avant tout chantier, il est utile de comprendre les erreurs d’électricité à éviter pour sécuriser votre installation.
Choisir le bon électricien après un sinistre : l’essentiel à retenir
Face à un sinistre électrique, la qualité du professionnel que vous choisissez conditionne directement votre capacité à être indemnisé. Un électricien agréé assurance n’est pas défini par un label unique, mais par un ensemble de critères vérifiables : assurance décennale, RC Pro, qualification reconnue et capacité à délivrer une facture conforme. Prendre le temps de vérifier ces éléments avant de signer un devis, c’est sécuriser à la fois la qualité des travaux et votre dossier de sinistre.
Chez Phase Neutre, nous accompagnons les particuliers et les professionnels dans leurs projets électriques en apportant transparence et rigueur à chaque étape. Contactez-nous pour toute question relative à votre installation électrique.
FAQ
Quelle est la différence entre la garantie décennale et la RC Pro pour un électricien ?
La garantie décennale couvre les dommages qui affectent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à sa destination pendant dix ans après la réception des travaux. Elle s’applique par exemple si une installation électrique permanente présente un défaut grave détecté plusieurs années après le chantier. La RC Pro couvre quant à elle les dommages causés aux tiers pendant l’exécution des travaux, comme un incendie accidentel provoqué par une mauvaise manipulation sur le chantier. Les deux assurances sont complémentaires et toutes deux obligatoires pour exercer légalement.
Que couvre exactement l’assurance habitation après des dommages électriques liés à la foudre ?
Une assurance multirisque habitation couvre généralement les dommages directs causés par la foudre, comme la destruction du tableau électrique, des appareils électroménagers ou de l’installation électrique. Elle peut aussi inclure des dommages immatériels consécutifs, comme la perte de contenu d’un congélateur. En revanche, certains contrats excluent les surtensions indirectes ou plafonnent l’indemnisation des équipements électroniques. Il est indispensable de relire les conditions générales de votre contrat et de vérifier les franchises applicables avant de déclarer le sinistre.
Le CONSUEL est-il lié à la reconnaissance d’un électricien par l’assurance ?
Le CONSUEL, Comité National pour la Sécurité des Usagers de l’Électricité, délivre une attestation de conformité pour les installations électriques neuves ou rénovées avant leur mise sous tension. Cette attestation n’est pas directement liée à l’agrément de l’électricien par l’assurance, mais elle constitue une preuve que l’installation respecte la norme NF C 15-100. Dans le cadre d’un dossier de sinistre, disposer d’une attestation CONSUEL peut renforcer votre position face à l’expert mandaté par l’assureur.
Que faire si mon assureur refuse de prendre en charge les travaux électriques après un sinistre ?
En cas de refus, demandez d’abord à votre assureur les motifs précis par écrit. Si le refus est lié à l’absence d’assurance décennale de l’électricien, vous pouvez vous retourner directement contre le professionnel. Si vous estimez que le refus est injustifié, vous pouvez contacter le médiateur de l’assurance, une procédure gratuite et encadrée par la loi. Conservez toutes les preuves : photos du sinistre, devis, factures, échanges avec l’assureur et attestations du professionnel.
Dois-je déclarer le sinistre avant ou après avoir fait appel à un électricien ?
Il est fortement recommandé de déclarer le sinistre à votre assureur avant de lancer les travaux de remise en état, sauf urgence absolue mettant en danger des personnes. La déclaration déclenche le processus d’expertise assurance et permet à l’assureur de mandater un expert qui évaluera les dommages. Faire réaliser les travaux avant cette étape peut compliquer l’évaluation et réduire votre indemnisation. En cas d’urgence, prenez des photos détaillées avant toute intervention et informez votre assureur dans les plus brefs délais.
